Mars. Le jardin sort de sa torpeur hivernale, les bras se dégourdissent, le sécateur reprend du service. Tontes, tailles de haies, élagage : en quelques week-ends, les tas de déchets verts s’accumulent. Et beaucoup de jardiniers font alors ce qu’ils ont toujours fait : ils allument un feu. Problème ? C’est interdit. Et l’amende peut atteindre 450 euros.
À retenir
- Une pratique répandue mais strictement interdite qui expose à une amende substantielle
- Tailler les haies en mars menace les espèces protégées avec des conséquences légales sévères
- Des alternatives écologiques et profitables existent pour gérer vos déchets verts
Brûler ses déchets verts : une habitude bien ancrée, une infraction bien réelle
La fumée qui monte d’un tas de branches, le crépitement familier d’un feu de jardin au printemps… L’image est presque rassurante. C’est justement ce qui rend cette infraction si répandue. Selon le Centre Interprofessionnel Technique d’Études de la Pollution Atmosphérique, environ 830 000 tonnes de déchets verts ont été brûlées en France par les particuliers en 2021, malgré le cadre réglementaire les interdisant. Pour se représenter cette masse : c’est à peu près le poids de la Tour Eiffel multiplié par 115.
Il est pourtant interdit de brûler des déchets verts chez soi, que ce soit avec un incinérateur de jardin ou à l’air libre. Il importe peu que le feu soit allumé dans un fût, un tonneau ou un barbecue : la combustion de déchets verts en extérieur est interdite sous toutes ses formes et aucune période de l’année ne suspend cette règle. Pas d’exception printanière. Pas de tolérance le week-end. La règle s’applique en zone urbaine comme en zone rurale.
Parmi les Français qui brûlent leurs végétaux à l’air libre, un quart déclare méconnaître l’interdiction du brûlage. Ce n’est pas une excuse légale, mais c’est un fait sociologique qui explique pourquoi la pratique persiste. Pourtant, 84 % des personnes qui pratiquent le brûlage de leurs déchets verts déclarent n’avoir jamais été sanctionnées. Ce faible taux de verbalisation entretient l’illusion que « ça passe ».