Pot de yaourt au jardin : 5 utilisations pratiques et économiques

Un pot de yaourt vide finit presque toujours à la poubelle de tri en moins de dix secondes. Pourtant, cet objet banal cache une deuxième vie particulièrement utile pour qui possède un jardin, une terrasse ou même un simple balcon. Semis, protection des plants, petit rangement d’outillage : le pot de yaourt en plastique rigide, celui des marques classiques vendues en supermarché, se révèle un allié économique et pratique pour tous les gestes du jardinage amateur.

À retenir

  • Un simple pot de yaourt remplace les godets vendus en jardinerie, avec des avantages surprenants
  • Coupé en deux, il devient une protection naturelle contre le froid et les limaces
  • Au-delà du potager, découvrez ses usages malins pour le rangement et l’arrosage

Le godet de semis que tout le monde a déjà chez soi

Avant d’acheter des godets en tourbe ou en plastique recyclé, regardez votre bac de tri. Un pot de yaourt classique, en polystyrène ou en polypropylène selon les marques, a exactement la taille idéale pour démarrer une graine de tomate, de basilic ou de courgette. Il suffit de percer deux ou trois trous au fond avec un clou chauffé ou la pointe d’un couteau, pour permettre à l’eau de s’écouler et éviter que les racines ne pourrissent.

L’avantage par rapport aux plaques de semis vendues dans le commerce ? La transparence de certains pots permet de surveiller le développement racinaire sans déranger la motte. Et contrairement aux godets en carton compressé qui se ramollissent après trois arrosages, le plastique tient toute une saison, voire plusieurs si on le rince correctement entre deux utilisations.

Petit bémol tout de même : les pots trop fins se fissurent au démoulage. Mieux vaut réserver les modèles les plus rigides, ceux des yaourts à la grecque ou des faisselles, pour les plants qu’on doit dépoter délicatement.

Protéger les jeunes pousses contre le froid et les limaces

Coupé en deux, un pot de yaourt devient une mini-cloche parfaite pour abriter un semis fraîchement repiqué en pleine terre. Posé à l’envers sur la jeune pousse, il fait office de serre miniature qui limite les écarts de température nocturnes au printemps, période où les gelées tardives surprennent encore régulièrement les jardiniers en avril, voire début mai dans certaines régions.

Contre les limaces, la technique change un peu : on découpe le fond du pot pour créer une collerette qu’on enfonce légèrement dans la terre autour du plant. Les gastéropodes, qui détestent ramper sur un bord tranchant et sec, contournent l’obstacle. Une astuce gratuite qui évite de recourir systématiquement aux granulés anti-limaces, dont l’usage reste encadré en agriculture biologique par la réglementation européenne.

Des usages malins au-delà du potager

Le jardin ne se limite pas aux légumes. Sur une terrasse ou près d’une clôture, les pots de yaourt trouvent leur place pour trier les petites vis, les chevilles ou les clous récupérés lors d’un montage de mobilier extérieur. Rangés sur une étagère d’abri de jardin, ils remplacent avantageusement les boîtes en plastique vendues en jardinerie, souvent plus chères pour un usage identique.

Autre piste : remplis d’eau et percés d’un minuscule trou au fond, plusieurs pots enterrés à côté d’un plant gourmand en eau (un plant de tomate, typiquement) assurent un arrosage goutte-à-goutte rudimentaire pendant une absence de deux ou trois jours. Ce n’est pas aussi fiable qu’un système d’irrigation automatique relié à une programmation, mais pour un week-end prolongé, ça dépanne sans investir dans du matériel.

Certains jardiniers utilisent aussi les pots comme godets à peinture ou à lasure lors de la rénovation d’une clôture en bois ou d’un salon de jardin. Une fois la peinture séchée, il suffit de les jeter ou de les gratter pour un prochain usage.

La question du plastique qu’on ne peut pas ignorer

Réutiliser un pot de yaourt, c’est bien. Mais il faut garder en tête que ce plastique reste un plastique, qui ne se dégrade pas au contact du soleil ou de la terre. Depuis 2023, la France a généralisé les consignes de tri à l’ensemble des emballages plastiques, y compris les pots de yaourt, qui peuvent désormais rejoindre le bac jaune partout sur le territoire selon les indications de Citeo, l’éco-organisme en charge du recyclage des emballages. Réutiliser un pot au jardin avant de le recycler ne pose donc aucun problème, tant qu’il finit bien, à terme, dans la bonne filière plutôt qu’abandonné dans un massif ou enterré définitivement sous une plate-bande.

Un pot laissé plusieurs années en extérieur, exposé aux UV, se fragilise et se fissure en microplastiques qui contaminent le sol. La bonne pratique consiste donc à limiter la durée de vie du pot au jardin à une ou deux saisons maximum, avant de le rincer et de le déposer dans le tri sélectif. Une manière simple de concilier économie domestique et respect du sol qu’on cultive.

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