J’accrochais mes boules de graisse avec leur filet dans le cerisier dès les premières gelées : un ornithologue m’a montré ce qui restait pris dans les mailles

Ce qui reste pris dans les mailles d’une boule de graisse suspendue, ce sont parfois des pattes d’oiseaux. Les ornithologues de la LPO sont formels : elle déconseille les boules enveloppées de filet et demande de retirer systématiquement ce filet avant de les proposer.

Piégés, parfois jusqu’à la mort.

À retenir
  • Les pattes des oiseaux s’enortillent dans les mailles des filets et les piègent parfois mortellement.
  • Le nourrissage des oiseaux doit commencer fin octobre ou novembre avec les premiers gels, pas avant.
  • Les boules de graisse nues sans filet, suspendues dans des supports adaptés, constituent le meilleur choix.

Un filet, deux dangers

Le premier danger tient aux pattes. L’expérience montre que les oiseaux peuvent s’entortiller les pattes dans les mailles et rester prisonniers. Le second arrive plus tard : ces filets peuvent s’envoler ou se retrouver comme déchets dans la nature. Certaines antennes locales de la LPO signalent aussi que les filets peuvent piéger des pattes, ou finir ingérés morceau par morceau.

Des jardiniers répondent pourtant qu’ils nouent des boules en filet aux branches depuis des années, sans jamais avoir vu un oiseau coincé. Mais un oiseau pris à l’aube au fond du jardin, dans un cerisier, personne ne le voit. La LPO fonde sa recommandation sur l’expérience accumulée, pas sur une hypothèse.

Octobre, trop tôt pour garnir le cerisier

En automne, les oiseaux trouvent encore baies, fruits, graines et insectes dans la nature.

Au 2 octobre, il est donc trop tôt pour suspendre quoi que ce soit. La LPO Sarthe conseille de commencer avec les premiers jours de gel, de fin octobre à fin novembre selon la région, tandis que la LPO Bourgogne-Franche-Comté situe ce moment fin novembre, début décembre. Le nourrissage s’arrête vers le mois de mars, dès que le temps se radoucit définitivement.

Une fois lancé, mieux vaut rester régulier et diminuer progressivement les doses plutôt que d’arrêter brutalement. Nourrir pendant la belle saison est déconseillé : la chaleur favorise des épidémies, comme la salmonellose, qui peuvent décimer les oiseaux du jardin.

Que suspendre à la place

Côté graisse, la LPO recommande des graisses d’origine végétale, si possible à base d’huile de colza, jamais d’huile de palme. Les pains de graisse à base de suif de bœuf sont acceptés, mais le lard salé, les restes de viande et de fromage sont à proscrire absolument. La composition de certaines boules du commerce reste floue, et on peut y trouver de l’huile de palme. Pour l’accrochage, la LPO préfère des supports adaptés, sans filet, mangeoire suspendue ou distributeur dans lequel on glisse la boule nue.

Jamais de pain, jamais de lait.

Pour le reste du menu, les graines de tournesol noires, très riches en lipides, sont particulièrement adaptées ; pommes, poires, raisins de saison et cacahuètes non grillées non salées complètent. L’eau compte autant que la nourriture : une eau propre permet d’éviter la prolifération des maladies, et mangeoires comme abreuvoirs se nettoient fréquemment. Installez le tout à l’abri des intempéries et hors de portée des chats, donc plutôt près du tronc dégagé que sur la branche basse.

Dernière nuance sur la graisse elle-même : les oiseaux sont des animaux à sang chaud, et trop de graisses animales encrassent leurs artères, d’où la préférence affichée pour les graisses végétales. Les boules vendues par la LPO, elles, ne contiennent ni sel ni huile de palme.

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