« Je pensais que ces insectes bruns dans mon grenier étaient morts » : pourquoi les aspirer en octobre se paie en pucerons au printemps

Les coccinelles cherchent dès octobre un endroit confortable pour entrer en diapause, une sorte d’hibernation, et ne ressortir qu’au printemps. Ces amas d’insectes immobiles dans les combles ne sont donc pas des cadavres. Les passer à l’aspirateur sans précaution, c’est éliminer des prédateurs de pucerons que votre jardin attendra dès les premiers bourgeons.

Un adulte de coccinelle à sept points consomme entre 50 et 100 pucerons par jour.

À retenir
  • Les coccinelles entrent en diapause hivernale en octobre et ne sont pas des cadavres.
  • Un adulte consomme entre 50 et 100 pucerons par jour et pond des larves affamées en printemps.
  • Éliminer les femelles en automne supprime des dizaines de larves prédatrices en mai.
  • L’aspirateur à faible puissance avec filtre textile permet de les relocaliser vivantes.

Des « morts » qui dorment

En septembre, la nourriture se raréfie : les pucerons, si nombreux au printemps, ont quasiment disparu. Chez la coccinelle, l’hivernage se fait toujours au stade adulte, sous des feuilles, dans l’écorce d’un arbre, dans un bâtiment ou dans la fissure d’un mur. L’espèce asiatique, qui a colonisé l’Europe entière, entre souvent en nombre dans les maisons pour y prendre ses quartiers d’hiver. Une fois en diapause, les insectes bougent à peine, ce qui explique le réflexe de balayer ce qu’on croit être des restes d’été sur un rebord de lucarne.

Ces occupants n’ont rien d’une menace. Elles ne sont pas nocives pour l’homme.

Ce que coûte un coup de suceur

Le décompte se fait au printemps. Les premiers adultes apparaissent dès février-mars, lors des journées douces. Vers 10 °C, elles quittent leur cachette hivernale et cherchent des fleurs pour se nourrir de pollen et de nectar.

Vient ensuite la ponte. Les adultes pondent entre avril et juin, sur une plante porteuse de pucerons. Une larve peut dévorer des centaines de pucerons jusqu’à sa nymphose. Retirer du grenier les femelles qui auraient fondé cette génération revient à supprimer des dizaines de larves affamées au pied de vos rosiers et de vos fruitiers. Le calcul se fait sans calculette : chaque adulte éliminé en octobre, c’est une lignée de chasseurs en moins en mai.

Au printemps, les pucerons se multiplient à toute vitesse.

La coccinelle asiatique pose un cas à part. Importée dans les années 1980 pour lutter contre les pucerons, elle mange aussi les autres coccinelles. Cela ne justifie pas de l’exterminer : c’est une redoutable tueuse de pucerons, en plus gourmande que les rouges. Ses rassemblements massifs peuvent toutefois agacer, et c’est ce qui pousse à dégainer l’aspirateur.

Déloger sans détruire

L’aspirateur n’est pas condamné pour autant. Il faut le régler sur une puissance réduite, pas au maximum. L’astuce : glisser un collant dans le tube pour qu’il serve de filtre. Les insectes restent alors dans le tissu, vivants.

Reste à les placer ailleurs, et pas à deux mètres de la porte. Aspirées ainsi, elles survivent et peuvent être remises dehors, à bonne distance de la maison. Le mieux est de les installer dans un gîte à l’abri de la pluie. Elles cherchent des lieux ensoleillés et très aérés pour hiverner. Un tas de bûches, un fagot de tiges creuses ou une caisse en bois remplie de paille feront l’affaire.

Mieux vaut empêcher l’entrée. Le calfeutrage doit se faire avant la diapause, qui survient généralement en octobre. Les fentes sur le rebord des portes et des fenêtres sont leurs voies d’accès habituelles. Un joint, un coup de mastic acrylique ou une grille fine sur les aérations suffisent souvent.

Un dernier détail pour le gîte : laissez des herbes folles sur pied non loin. Au printemps, elles accueilleront des pucerons qui feront la joie des coccinelles affamées.

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