La lavande angustifolia, ou lavande vraie, est la seule lavande qui supporte les hivers à -15 °C sans broncher et qui donne l’huile essentielle la plus prisée en parfumerie. Si vous cherchez une plante persistante, mellifère et peu gourmande pour une bordure ou une terrasse, c’est elle qu’il faut regarder en premier.
- La lavande vraie supporte les hivers jusqu’à -15 °C.
- Son feuillage est étroit et gris-vert, ses épis bleu-violet sont nus au sommet.
- Un sol argileux doit être buté ou drainé pour éviter la pourriture du collet.
- Une taille annuelle après la floraison prolonge la durée de vie à douze ans ou plus.
Reconnaître la vraie lavande, et ne pas la confondre
Le nom botanique complet est Lavandula angustifolia, synonyme de Lavandula officinalis ou L. vera. Ses feuilles sont étroites (« angustifolia » signifie « à feuilles étroites »), gris-vert, et ses épis floraux, d’un bleu-violet franc, sont portés par de longues tiges nues, sans bractées apparentes au sommet.
Elle pousse à l’état sauvage entre 600 et 1 500 mètres d’altitude, dans les Alpes-de-Haute-Provence, la Drôme ou le Vaucluse. C’est là, sur les plateaux calcaires, que se récolte la lavande fine.
La confusion avec les autres espèces est fréquente en jardinerie. Le lavandin (Lavandula × intermedia), hybride stérile entre la lavande vraie et la lavande aspic, est plus haut, plus vigoureux et plus parfumé de camphre. La lavande papillon (Lavandula stoechas) porte des « oreilles » colorées au sommet de l’épi et craint le gel sous -10 °C.
Le lavandin représente l’essentiel de la production d’huile essentielle française, car il rend davantage à l’hectare.
Planter et installer sans erreur
Le sol décide de tout. La lavande vraie réclame un terrain drainant, pauvre, de préférence calcaire, avec un pH entre 6,5 et 8. L’argile lourde qui retient l’eau en hiver provoque la pourriture du collet, première cause de mortalité chez les jardiniers amateurs.
Sur terrain argileux, buttez la plantation sur 30 à 40 cm ou mélangez graviers et sable à raison d’un tiers du volume. Le paillage minéral (gravillons clairs) est préférable à l’écorce, qui garde l’humidité au pied.
L’exposition plein soleil est non négociable : six à huit heures par jour au minimum.
Plantez à l’automne ou au printemps, en espaçant les pieds de 40 à 50 cm pour une haie basse, 60 cm pour des sujets isolés. Les godets plantés en octobre profitent des pluies pour s’enraciner avant l’hiver, et fleuriront dès l’été suivant. L’arrosage ne se justifie que la première année, une fois par semaine en période sèche, puis plus du tout en dehors des canicules prolongées.
En pot, choisissez un contenant d’au moins 30 cm de diamètre, percé, rempli d’un mélange terreau et gravier, et surélevé sur des pieds pour éviter que l’eau stagne dans la soucoupe.
La taille, le vrai secret de longévité
Une lavande non taillée se dégarnit en quatre à cinq ans, avec une base ligneuse nue et une touffe qui s’ouvre au centre. Bien suivie, elle dure facilement douze à quinze ans.
Deux passages suffisent. Le premier, juste après la floraison (août, début septembre), consiste à couper les hampes florales et un à deux centimètres de feuillage vert. Le second, en mars-avril, redonne la forme en boule en rabattant d’un tiers.
Ne coupez jamais dans le vieux bois nu : la lavande n’y repart pas.
La récolte pour le séchage se fait quand environ un tiers des fleurs de l’épi sont ouvertes, tôt le matin après évaporation de la rosée. Liez de petits bouquets, suspendez-les tête en bas dans un lieu sec et ombragé, et comptez deux à trois semaines avant de les utiliser en sachets ou en couronnes.
Associations, usages et variétés à connaître
Au jardin, la lavande angustifolia s’accorde avec les rosiers (elle éloigne en partie les pucerons), la sauge, les santolines, les nepetas et les graminées comme les stipas. Elle structure une allée, adoucit le pied d’un mur exposé au sud ou borde une terrasse, où son parfum monte avec la chaleur du dallage.
Les abeilles et les bourdons la butinent en masse de juin à août. Le miel de lavande, lui, fait l’objet d’une indication géographique protégée pour la Provence, preuve de son poids dans l’économie locale.
Côté variétés, on distingue les cultivars compacts, autour de 40 à 50 cm, adaptés aux bordures et aux pots, et les formes plus hautes, jusqu’à 80 cm, pour les massifs. Les teintes varient du bleu profond au rose pâle ou au blanc. Les pépiniéristes proposent aussi des clones sélectionnés pour leur résistance à la sécheresse et aux maladies.
Un point d’attention vient du dépérissement dû au phytoplasme du stolbur, transmis par une cicadelle (Hyalesthes obsoletus), qui touche surtout les cultures de plaine. Les feuilles jaunissent, la plante se dessèche et les pieds malades doivent être arrachés. Dans un jardin, mieux vaut acheter des plants certifiés sains.
Pour qui hésite entre lavande et lavandin, un repère simple : la lavande vraie fleurit un peu plus tôt, de fin juin à juillet, alors que le lavandin prend le relais jusqu’en août.