Une couche de 5 à 7 cm d’écorces suffit à diviser par deux, voire plus, la levée des herbes indésirables au pied des arbustes. C’est la raison pour laquelle ce paillage végétal, issu des scieries et de l’industrie du bois, s’est imposé dans les massifs français au point de remplacer en grande partie la bâche plastique noire.
- Une couche de 5 à 7 cm divise par deux environ la levée des herbes indésirables.
- Le calibre se choisit selon l’usage : fin pour les bordures, gros pour les allées.
- Un mètre cube d’écorces couvre environ 15 m² sur 7 cm d’épaisseur.
Ce que l’on appelle vraiment « écorces » au jardin
Le terme recouvre plusieurs produits. Les écorces de pin maritime, très répandues dans le Sud-Ouest grâce à la forêt des Landes, sont les plus courantes. On trouve aussi du pin sylvestre, du douglas, du mélèze ou encore des écorces de feuillus, plus rares et souvent plus chères.
Le calibre compte autant que l’essence. Les écorces fines (de 10 à 20 mm environ) conviennent aux petits massifs et aux bordures, les moyennes (20 à 40 mm) aux haies et aux arbustes, les grosses (jusqu’à 60 mm et plus) aux allées et aux zones de passage.
Ne les confondez pas avec le BRF, ce bois raméal fragmenté fait de jeunes branches broyées, riche en feuillage et donc en nutriments. L’écorce, elle, est pauvre en azote et se décompose lentement.
Pourquoi elles tiennent leurs promesses
Le premier effet est mécanique : en bloquant la lumière, l’écorce prive les graines d’adventices du signal nécessaire à la germination. Le second est hydrique. Un sol paillé perd nettement moins d’eau en été, ce qui espace les arrosages, surtout sur les plantations de moins de deux ans dont les racines sont encore superficielles.
Le sol bénéficie aussi d’une isolation thermique. Sous le paillage, la terre reste plus fraîche en juillet et moins exposée au gel en janvier, un atout pour les rosiers, les hortensias ou les vivaces fraîchement installées.
Dernier avantage, plus discret : en se dégradant sur plusieurs années, l’écorce nourrit la vie du sol et améliore sa structure.
La durée de vie varie selon l’essence et le climat. Comptez deux à quatre ans pour les écorces de pin avant de devoir compléter la couche, davantage pour les gros calibres.
Les erreurs qui ruinent le paillage
La plus fréquente consiste à étaler l’écorce directement contre les troncs et les tiges. L’humidité stagnante favorise alors la pourriture du collet et attire les rongeurs. Laissez un dégagement de quelques centimètres autour de chaque pied.
Autre piège, l’épaisseur. Trop fine (moins de 3 cm), la couche laisse passer la lumière et les mauvaises herbes. Trop épaisse (au-delà de 10 cm), elle étouffe le sol et retient l’eau de pluie en surface, ce qui prive les racines d’une partie des précipitations.
On entend souvent dire que l’écorce de pin acidifie le sol et nuirait aux plantes de terre calcaire. L’effet existe, mais il reste très limité en surface et sans conséquence réelle sur la plupart des massifs. Il peut devenir un avantage au pied des rhododendrons, des camélias ou des myrtilliers, qui apprécient les sols acides.
Un autre reproche concerne la fameuse « faim d’azote ». Les micro-organismes qui décomposent le bois puisent de l’azote dans le sol, mais uniquement à l’interface entre la terre et le paillage. Sur des plantes déjà installées, le phénomène est négligeable. Pour un potager de légumes gourmands, en revanche, mieux vaut choisir la paille ou la tonte séchée.
Enfin, l’écorce flotte. Sur une pente ou sous une gouttière, une forte pluie l’emporte vers le bas du jardin.
Bien choisir, bien poser, bien acheter
Avant d’épandre, désherbez soigneusement, arrosez le sol puis étalez un feutre géotextile perméable ou un carton brut sans encre ni adhésif si les adventices vivaces comme le chiendent sont installées. Étalez ensuite l’écorce sur 5 à 7 cm, au râteau, en dégageant les collets.
Pour les quantités, un mètre cube couvre environ 15 m² sur 7 cm d’épaisseur. Un sac de 50 litres, vendu en jardinerie, ne protège donc que 0,7 m² environ : au-delà de quelques mètres carrés, la livraison en vrac chez un fournisseur de matériaux ou une scierie revient bien moins cher au mètre cube.
Soyez vigilant sur la provenance. Cherchez les mentions de certification forestière (PEFC ou FSC) et privilégiez les produits issus de filières françaises, ce qui réduit le transport et garantit un bois non traité. Évitez les écorces teintées, dont les colorants sont de qualité variable.
Mieux vaut éviter l’écorce près d’une maison dans les régions à risque d’incendie : sèche, elle s’enflamme facilement. Une bande minérale (graviers ou dalles) de 50 cm le long des façades reste la solution recommandée dans les zones concernées par les obligations de débroussaillement.
Côté budget, comptez de quelques dizaines d’euros le mètre cube en vrac à plus d’une centaine d’euros en sacs, selon l’essence, le calibre et la région. Les déchetteries de certaines collectivités distribuent aussi du broyat de végétaux gratuitement ou à prix réduit, une alternative sérieuse pour les grandes surfaces, à condition d’accepter un aspect moins homogène.
Un dernier chiffre pour planifier : le meilleur moment pour pailler s’étend d’avril à juin, quand le sol est réchauffé, ou à l’automne pour protéger les racines avant l’hiver.