Copeaux de bois au jardin : choisir, poser et entretenir un paillage

Un mètre cube de copeaux de bois suffit à couvrir environ 10 m² sur 10 centimètres d’épaisseur. Pour un massif de 20 m², comptez donc deux mètres cubes, soit à peu près la contenance d’une petite remorque. Voilà de quoi calibrer sa commande avant même de choisir le type de copeaux.

Quels copeaux choisir pour quel usage au jardin ?

Tous les copeaux ne se valent pas, et le même mot recouvre des produits très différents. Le broyat de branches frais, mélange d’écorces, de feuilles et de bois, nourrit le sol en se décomposant vite. Les copeaux de bois sec issus de scierie, plus calibrés et plus clairs, durent plus longtemps mais se dégradent lentement.

Pour les massifs d’arbustes et de vivaces, le broyat de feuillus est le plus polyvalent. Pour un potager, il se glisse entre les rangs, jamais en couche épaisse sur les semis. Pour les allées, on préfère des plaquettes grossières, qui se tassent moins et laissent mieux passer l’eau.

Les copeaux d’aiguilles de conifères conviennent aux plantes de terre de bruyère comme les rhododendrons, les azalées ou les myrtilliers, car ils acidifient légèrement la surface.

Les copeaux teints en rouge, brun ou noir, vendus en jardinerie, relèvent d’un autre registre : leur intérêt est purement décoratif, et la qualité des colorants varie d’un fabricant à l’autre.

Comment poser des copeaux en paillage, étape par étape ?

La réussite tient à la préparation. Désherbez d’abord soigneusement, en arrachant les racines des vivaces envahissantes comme le chiendent ou le liseron, qui traversent volontiers une couche trop fine. Arrosez ensuite copieusement si le sol est sec : une fois les copeaux posés, l’eau de pluie aura plus de mal à pénétrer.

Étalez alors 5 à 8 centimètres de copeaux autour des arbustes et jusqu’à 10 centimètres sur un sol nu. Au-delà, l’air circule mal et l’humidité stagne. Laissez un espace de 5 à 10 centimètres autour du collet des plantes et des troncs, faute de quoi l’écorce reste humide et pourrit.

Le calendrier compte aussi. Le printemps, quand le sol a commencé à se réchauffer, est le moment idéal. Paillé trop tôt, le sol froid met plus longtemps à se réveiller.

Trois ans, parfois quatre, selon l’essence et le climat.

C’est la durée de vie d’un paillage de copeaux épais avant qu’il ne soit entièrement décomposé. Une recharge de 2 à 3 centimètres chaque année suffit généralement à maintenir l’effet anti-herbes.

Que gagne le sol, et faut-il craindre la faim d’azote ?

Un paillage de copeaux limite l’évaporation, ce qui permet d’espacer les arrosages en été. Il freine la germination des adventices en les privant de lumière, protège le sol du tassement sous les fortes pluies et amortit les écarts de température au pied des plantes. En se décomposant, il nourrit aussi la vie du sol, notamment les vers de terre et les champignons.

Que gagne le sol, et faut-il craindre la faim d'azote ?

La fameuse « faim d’azote » inquiète beaucoup de jardiniers. Les micro-organismes qui dégradent le bois consomment de l’azote, mais ce prélèvement concerne surtout la fine couche de contact entre les copeaux et la terre. Posés en surface, sans être enfouis, ils ne perturbent pas les racines de plantes installées. L’erreur à éviter est de les mélanger à la terre d’un semis ou d’une plantation récente.

Pour les cultures gourmandes comme les tomates ou les courges, un apport de compost ou de corne broyée sous le paillage compense tout risque de carence.

Une réserve utile : les copeaux de résineux frais, en couche très épaisse, peuvent ralentir certaines jeunes plantes. Mieux vaut les laisser quelques semaines en tas avant emploi, ou les réserver aux allées.

Peut-on faire des allées et des aires de jeux avec des copeaux ?

Oui, et le résultat est chaleureux sous le pied. Pour une allée, creusez sur 10 à 15 centimètres, tendez un feutre géotextile perméable, puis comblez avec des plaquettes grossières sur 8 à 10 centimètres. Une bordure en bois, en métal ou en pierre empêche les copeaux de migrer dans la pelouse.

Pour une aire de jeux, la norme européenne NF EN 1177 encadre l’absorption des chocs des sols amortissants. Les copeaux de bois y sont admis, à condition d’une épaisseur adaptée à la hauteur de chute de la structure : de l’ordre de 30 centimètres pour les équipements les plus hauts. Les copeaux doivent être propres, non traités et dépourvus d’éclats.

Dans les deux cas, un ratissage au printemps remet le revêtement à niveau et aère la surface. Les zones de passage intense se tassent plus vite et demandent une recharge dès la deuxième année.

Où trouver des copeaux, et à quel prix ?

Les sources sont plus nombreuses qu’on ne le pense. Les déchetteries de nombreuses communes distribuent gratuitement du broyat de végétaux, parfois sur simple demande. Les élagueurs, qui broient les branches sur chantier, déposent souvent leurs surplus chez les particuliers, sans frais ou contre une petite participation. Les scieries, les négoces de matériaux et les jardineries vendent quant à eux des copeaux en vrac ou en sacs de 50 à 70 litres.

Le vrac est presque toujours plus économique dès que la surface dépasse une dizaine de mètres carrés. Les sacs gardent leur intérêt pour un petit massif, un balcon ou un jardin sans accès pour un camion.

Un point de vigilance concerne l’origine du bois. Écartez tout copeau issu de bois traité (palettes autoclavées, bois peint ou vernis) : il peut contenir des produits chimiques indésirables au pied de plantes comestibles. Les feuillus broyés issus d’élagage local restent la valeur sûre. Un tas fraîchement livré dégage de la chaleur en fermentant, une raison de plus de l’étaler sans tarder plutôt que de le laisser s’échauffer des semaines.

Côté sécurité, gardez les copeaux à distance des murs de la maison, par exemple sur une bande de 30 à 50 centimètres de gravier : ils sont inflammables, et un mégot jeté sur un paillage sec peut couver longtemps. Cette précaution vaut aussi pour les termites dans les départements concernés, où la proximité du bois et des façades est déconseillée.