Une clématite sur un grillage rigide, c’est possible, mais pas toutes les variétés et pas sans un minimum de préparation. Les tiges de la plante ne s’enroulent pas : elles s’accrochent par leurs pétioles, des queues de feuilles qui se tortillent autour de tout support fin. Le grillage est donc un excellent allié, à condition que ses mailles soient adaptées.
- Le diamètre des tiges doit rester entre 2 et 3 mm pour que les pétioles s’accrochent.
- Un grillage soudé à mailles de 5 à 10 cm convient très bien.
- Les clématites botaniques comme la montana montent jusqu’à 12 mètres.
- Le collet se plante 5 à 10 cm sous terre pour résister à la flétrissure.
Le bon grillage, et les bonnes mailles
Le critère décisif tient en un chiffre : le diamètre du support. Les pétioles saisissent des tiges de 2 à 3 mm sans difficulté. Au-delà de 1 cm, ils n’ont plus de prise et la plante retombe.
Le grillage soudé à mailles carrées de 5 à 10 cm convient très bien. Le grillage simple torsion, à mailles hexagonales ou losanges, fonctionne aussi, même si son fil fin peut se déformer sous le poids d’une variété vigoureuse.
Les clôtures rigides en panneaux, à fil épais de 4 à 5 mm, posent davantage de problèmes.
Pour elles, on tend quelques fils fins ou on fixe un filet de jardin en plastique sur la clôture.
Côté orientation, la règle des jardiniers est ancienne : tête au soleil, pied à l’ombre. Un grillage plein sud transforme la base en fournaise, d’où l’intérêt de pailler sur 5 à 8 cm d’épaisseur ou de planter un couvre-sol bas devant le collet.
Choisir la variété selon la longueur de clôture
Toutes les clématites ne se valent pas sur une clôture. Les clématites botaniques à petites fleurs, comme Clematis montana, armandii ou viticella, sont réputées robustes et vigoureuses. Une montana adulte peut dépasser 12 mètres de hauteur et couvrir une grande surface, ce qui la réserve aux longues clôtures ou aux grillages de 2 mètres qu’on veut masquer vite.
Les hybrides à grandes fleurs, souvent plus spectaculaires, montent plutôt à 2 ou 3 mètres. Elles conviennent à un grillage standard de 1,50 m à 2 m, et leurs fleurs peuvent atteindre 15 à 20 cm de diamètre selon les cultivars.
Une Clematis armandii, persistante, garde son feuillage en hiver et offre donc un écran toute l’année. Elle redoute cependant les gelées sévères et demande un emplacement abrité dans les régions froides.
Pour la discrétion visuelle, les viticella ont un avantage : elles perdent leur feuillage et se taillent court chaque hiver, ce qui évite l’enchevêtrement.
Planter pour que la plante parte du bon pied
La clématite aime le pied frais et la tête au soleil, mais elle déteste la concurrence des racines voisines. On creuse un trou d’environ 40 cm de côté, à 30 à 50 cm du grillage plutôt qu’au contact, car le pied de la clôture est souvent sec et pauvre.
On enterre le collet de 5 à 10 cm sous le niveau du sol. Ce détail protège la plante contre la flétrissure, une maladie fongique qui peut faire dessécher brutalement les tiges d’un hybride à grandes fleurs : si cela arrive, le pied profond repart souvent de la base.
Le mélange de plantation gagne à contenir du terreau et du compost bien décomposé. Un sol drainant est indispensable, car l’eau stagnante fait pourrir les racines.
Pour guider la jeune plante, on incline une tige vers le grillage avec une canne de bambou, puis on la fixe sans serrer avec un lien souple. Après quelques semaines, les pétioles prennent le relais.
Palisser, tailler, arroser
Les premières années, il faut aider un peu. On répartit les tiges en éventail plutôt qu’en faisceau vertical, ce qui favorise une floraison étalée sur toute la hauteur au lieu d’un bouquet au sommet.
La taille dépend du groupe. Les clématites du groupe 1 (montana, armandii) fleurissent sur le bois de l’année précédente et se taillent juste après la floraison, au printemps. Celles du groupe 3 (viticella, hybrides tardifs) fleurissent sur les pousses de l’année et se rabattent à 20 à 30 cm du sol en février-mars.
Le groupe 2, qui rassemble de nombreux hybrides à grandes fleurs, demande une taille légère : on retire les tiges mortes et on raccourcit au-dessus des premiers bourgeons bien formés, en fin d’hiver.
Vérifier l’étiquette à l’achat évite bien des erreurs. Une taille au mauvais moment prive de fleurs une saison entière.
L’arrosage mérite de la régularité plus que de l’abondance : un arrosage copieux chaque semaine en été, surtout les deux premières années, vaut mieux que de petits apports quotidiens. Un apport d’engrais pour plantes à fleurs au printemps soutient la floraison.
Les pièges qui reviennent souvent
Le plus fréquent est le grillage trop dense ou trop épais. Le second tient à l’exposition : un pied en plein soleil et sans paillage se déshydrate vite. Troisième erreur courante, la confusion entre groupes de taille, qui amène à rabattre une montana en hiver et à perdre ses fleurs.
Côté ravageurs, limaces et escargots grignotent volontiers les jeunes pousses au printemps. Un collier de cendre ou de coquilles d’œuf broyées aide, ou une barrière de cuivre autour du pied.
Une dernière nuance sur le voisinage : les clématites vigoureuses ne sont pas toxiques pour le grillage, mais elles pèsent. Une montana chargée de pluie et de fleurs peut faire plier un grillage simple torsion mal tendu, d’où l’intérêt de poser des poteaux solides tous les 2,50 m environ avant de planter.
Sources : fr-ch.bakker.com