Les copeaux de bois servent surtout de paillis : étalés sur 5 à 8 cm, ils gardent l’humidité du sol, freinent les herbes indésirables et nourrissent la terre en se décomposant. Ils stabilisent aussi une allée de jardin et amortissent une aire de jeux. Encore faut-il choisir la bonne essence, la bonne taille de fragments, et ne pas les poser n’importe où.
Copeaux, broyat, BRF, écorce : quatre produits, quatre usages.
- Les copeaux de bois étalés sur 5 à 8 cm gardent l’humidité du sol et freinent les adventices.
- Le bois traité, les palettes autoclave et les panneaux de particules ou MDF sont à proscrire.
- Les copeaux frais prélèvent de l’azote dans la terre : on les pose en surface, jamais enfouis.
Quel copeau pour quel usage
Les copeaux de rabotage, issus des menuiseries, sont fins, clairs et se décomposent vite : on les réserve aux litières et aux petits massifs. Le broyat, lui, vient du passage de branches dans un broyeur et mélange fragments de bois, d’écorce et un peu de feuilles, ce qui le rend plus riche en éléments nutritifs. L’écorce de pin, vendue en sacs, tient trois à cinq ans avant de disparaître et donne un rendu plus soigné devant une maison. Quant au BRF (bois raméal fragmenté), il se fabrique avec des rameaux de moins de 7 cm de diamètre, de préférence de feuillus, et s’emploie frais.
Un seul interdit : le bois traité. Palettes autoclave, lambris vernis, chutes de panneaux de particules ou de MDF contiennent des colles, des biocides ou des peintures dont vous ne voulez pas dans un potager ni sous les mains d’un enfant.
Reste un phénomène que beaucoup de jardiniers découvrent à leurs dépens : la faim d’azote. Les copeaux frais sont très riches en carbone, et les micro-organismes qui les décomposent vont puiser l’azote dans la couche de terre au contact. Posés en surface, jamais enfouis, ils ne posent aucun souci aux arbustes et aux vivaces. Au potager, on préfère une couche mince et un apport de compost mûr ou de corne broyée en dessous.
Épaisseur, saison, geste
La bonne épaisseur se situe entre 5 et 8 cm : en dessous de 3 cm, les adventices passent au travers, au-delà de 10 cm, le sol respire mal. Avant d’étaler, on désherbe et on arrose copieusement, car un paillis posé sur une terre sèche l’enferme dans sa sécheresse. On laisse un espace d’une dizaine de centimètres autour du collet des troncs et des tiges pour éviter la pourriture. Les deux meilleures fenêtres sont le printemps, quand le sol s’est réchauffé, et l’automne, qui protège les racines du gel.
Pour 100 m² sur 10 cm d’épaisseur, il faut 10 m³ de copeaux.
Sous une haie ou dans un massif, 5 cm suffisent. Le paillis se décompose, il faut donc rajouter 2 à 3 cm chaque année. Sous la couche, les vers de terre incorporent peu à peu les fragments : après deux ou trois ans, on trouve un sol plus aéré et plus foncé, y compris sur une terre argileuse.
Allées, aires de jeux et zones à éviter
Pour une allée, on décaisse sur une dizaine de centimètres, on tend un géotextile perméable (ou du carton, qui se décompose en un an), puis on étale 8 à 10 cm de copeaux. Des bordures en bois, en métal ou en pierre les empêchent de s’échapper dans les pelouses. Le revêtement reste perméable, donc l’eau de pluie s’infiltre au lieu de ruisseler vers la maison. En contrepartie, il se tasse et s’effiloche, et demande un rechargement chaque année ou tous les deux ans.
Pour une aire de jeux, la référence est la norme NF EN 1177, qui lie l’épaisseur d’un revêtement amortissant à la hauteur de chute du jeu. Pour un portique familial, on parle de couches de 20 à 30 cm, à vérifier dans la notice du fabricant. L’écorce ou les copeaux calibrés produisent moins d’éclats que le bois broyé brut. Sous une balançoire ou en bas d’un toboggan, ils se déplacent vite, et il faut les ramener régulièrement à plat.
Gardez-les à distance de la maison : un paillis de bois collé à une façade entretient l’humidité, et attire fourmis et termites, un risque qui a conduit de nombreux départements à prendre des arrêtés préfectoraux. En zone exposée aux feux de forêt, les premiers mètres autour du bâti sont plutôt à garnir de gravier, le bois sec étant inflammable.
Où s’en procurer, et comment les stocker
Les sacs de jardinerie conviennent aux petites surfaces, mais dès quelques mètres cubes, le vrac livré par camion revient moins cher au volume. Beaucoup de déchetteries et de services espaces verts communaux distribuent leur broyat gratuitement aux habitants. Les élagueurs, les scieries et les menuiseries déposent aussi volontiers leurs surplus chez un particulier qui en fait la demande.
Un tas de broyat frais peut dépasser 60 °C en son cœur.
Étalez-le donc rapidement ou retournez-le, sans quoi il fermente et dégage une odeur d’acide. Demandez aussi à l’élagueur d’où viennent les branches : un bois malade (chancre, graphiose de l’orme) ou traité n’a rien à faire dans votre jardin.
Un dernier usage reste méconnu : sur un lit de copeaux de feuillus (hêtre, peuplier), certains jardiniers cultivent le strophaire rouge vin, un champignon comestible. Il pousse dans une couche d’environ 10 cm, à l’ombre d’une haie ou entre deux rangs de légumes, et on le récolte de la fin du printemps à l’automne.