L’hortensia en pot d’intérieur est possible, mais il ne vit pas comme un ficus. Cet arbuste de terre fraîche, originaire des sous-bois humides du Japon, supporte mal l’air sec d’un salon chauffé à 21 °C. Bien traité, il fleurit pendant plusieurs semaines. Mal traité, il se dessèche en dix jours.
- Un hortensia en pot intérieur fleurit plusieurs semaines s’il est bien traité.
- Une exposition est ou nord-est lui convient mieux qu’un soleil direct derrière une vitre.
- Il a besoin d’un repos hivernal entre 5 et 10 °C pour refleurir l’année suivante.
Le bon hortensia pour la maison
Tous les hortensias vendus en fleuristerie en pot sont des Hydrangea macrophylla, la variété à grosses boules, forcée en serre pour fleurir hors saison. Leur floraison est donc déclenchée artificiellement, souvent dès février, et l’on se retrouve avec une plante habituée à une atmosphère saturée d’humidité.
Le choix compte au moment de l’achat. Préférez un sujet dont les fleurs sont encore partiellement fermées, avec quelques bractées au cœur légèrement verdâtres : la floraison durera. Les feuilles doivent être fermes, sans bords brunis, et le terreau légèrement humide au toucher.
Côté couleur, le sol décide. Le rose s’obtient en terre neutre à calcaire, le bleu exige un pH autour de 5,5 grâce à l’aluminium disponible. Un hortensia bleu acheté en jardinerie et rempoté dans un terreau universel virera au rose en une ou deux saisons.
Lumière, eau, température : les trois réglages qui comptent
Place à la fenêtre, mais pas en plein soleil. Une exposition est ou nord-est convient, ou un mètre en retrait d’une baie orientée sud, derrière un voilage. Le soleil direct de midi brûle les feuilles en quelques heures à travers une vitre.
L’arrosage est l’exercice le plus délicat. Le nom botanique, Hydrangea, vient du grec et signifie à peu près « buveur d’eau ». Comptez un arrosage tous les deux ou trois jours en période de floraison, et vérifiez le terreau du bout du doigt : il doit rester frais sur les deux premiers centimètres.
Un flétrissement brutal, avec des feuilles qui pendent comme du tissu mouillé.
Ce signe ne trahit pas forcément un excès d’eau, au contraire. L’hortensia s’effondre vite quand la motte sèche, mais il se redresse en quelques heures après un bain : plongez le pot entier dans un seau d’eau pendant 20 à 30 minutes, puis laissez égoutter. Si le flétrissement persiste malgré un terreau détrempé, les racines pourrissent, souvent à cause d’une soucoupe qui reste pleine.
L’eau du robinet pose un autre problème dans les régions calcaires. Le calcaire fait monter le pH et provoque de la chlorose, ces feuilles jaunes aux nervures vertes. L’eau de pluie récupérée ou une eau filtrée évite ce défaut, et un apport de terre de bruyère dans le mélange aide à garder le terreau acide.
La température idéale se situe entre 12 et 18 °C. Un radiateur à proximité accélère le dessèchement des bractées, et un courant d’air froid les marque de taches brunes. Pour compenser l’air sec, posez le pot sur un lit de billes d’argile humides, sans que le fond du pot trempe dans l’eau.
Après la floraison : garder la plante ou la sauver au jardin
Vers le mois de mai ou juin, les bractées passent du frais au vert terne puis au papier. Coupez les fleurs fanées juste au-dessus de la première paire de bourgeons sains. Laissez les tiges ligneuses de l’année en place, car l’hortensia macrophylla fleurit en grande partie sur le bois formé l’été précédent.
Une plante forcée en serre a épuisé ses réserves. Rempotez-la dans un pot de deux à trois centimètres plus large, avec un terreau pour plantes acidophiles, et nourrissez-la tous les quinze jours avec un engrais adapté de mars à août.
Beaucoup de lecteurs l’ignorent : l’hortensia d’appartement a besoin d’une vraie période de repos pour refleurir. De novembre à février, il lui faut un endroit frais, entre 5 et 10 °C, lumineux ou presque obscur selon qu’il garde ses feuilles. Une véranda hors gel, un garage vitré ou un cellier suffisent.
Le plus simple reste souvent la pleine terre. Une fois les gelées tardives passées, vers la mi-mai, l’hortensia peut rejoindre un massif à mi-ombre, dans un sol frais et riche en humus. Il s’y installera pour des décennies, et dans un jardin tempéré, la plupart des variétés supportent des gelées jusqu’à environ -15 °C quand elles sont paillées au pied.
Les parasites guettent aussi à l’intérieur. L’air sec attire les acariens, repérables à de fines toiles sous les feuilles, et les pucerons colonisent les jeunes pousses. Une douche tiède sur le feuillage chaque semaine limite les attaques, et le savon noir dilué règle la plupart des infestations naissantes.
Dernier point sur la patience : même bien soigné, un hortensia forcé met souvent une année entière avant de refleurir à l’intérieur. Dans une pièce chauffée toute l’année, la plante garde ses feuilles mais ne refleurit généralement pas, faute de froid hivernal.