Géranium vivace : floraison, rusticité et entretien au jardin

Le géranium vivace ne demande presque rien et donne beaucoup : une floraison de mai à juillet, parfois jusqu’aux gelées pour les meilleures variétés, un feuillage dense qui étouffe les mauvaises herbes, et une rusticité qui lui permet d’encaisser des hivers à -20 °C, voire davantage pour certaines espèces. Pour un jardin qu’on veut beau sans y passer ses week-ends, difficile de trouver mieux dans les plantes à fleurs.

À retenir
  • Le géranium vivace fleurit de mai à juillet et résiste à des hivers jusqu’à -20 °C.
  • Il ne faut pas le confondre avec le pélargonium des balcons, qui craint le gel.
  • Une division tous les trois à cinq ans permet de multiplier gratuitement chaque touffe.

Ne pas le confondre avec le géranium des balcons

Le géranium vivace appartient au genre Geranium, celui des « géraniums sauvages » ou becs-de-grue. Celui qui fleurit les rebords de fenêtres en été est un Pelargonium, une plante d’origine sud-africaine qui craint le gel et qu’il faut rentrer l’hiver. Les deux partagent un nom commun et rien d’autre ou presque.

La confusion n’est pas anodine. Un jardinier qui plante un pélargonium en pleine terre en pensant faire un massif durable le perdra à la première vraie gelée.

Le genre compte environ 400 espèces réparties dans les régions tempérées du globe. Beaucoup poussent naturellement en France, dans les prairies, les sous-bois et les talus, ce qui explique leur adaptation à nos climats.

Les variétés qui valent la place dans le jardin

Le choix se joue d’abord sur le comportement de la plante. Les géraniums vivaces se divisent en gros entre ceux qui forment des touffes compactes, ceux qui s’étalent en tapis, et ceux qui s’élancent avec de grandes tiges florales.

Geranium macrorrhizum est le champion des situations difficiles. Il tapisse l’ombre sèche sous les arbres, résiste à la sécheresse une fois installé, et son feuillage aromatique, qui rougit à l’automne, est largement épargné par les limaces et les chevreuils.

Geranium sanguineum, le géranium sanguin, préfère le plein soleil et les sols pauvres. Il reste bas, autour de 20 à 30 cm, et ses fleurs magenta ou rose pâle couvrent le coussin de feuilles en début d’été.

Pour la longue floraison, la star reste le cultivar ‘Rozanne’, un hybride issu d’un croisement fortuit trouvé dans un jardin du Somerset, en Angleterre, et mis sur le marché au début des années 2000. Ses fleurs bleu violet s’ouvrent de juin jusqu’aux premiers froids. Il est stérile : il ne produit pas de graines, donc consacre toute son énergie à fleurir.

D’autres espèces ont leur public. Geranium phaeum, le géranium brun, s’accommode de l’ombre profonde avec ses fleurs pourpre sombre, presque noires. Geranium endressii et Geranium × oxonianum offrent des roses francs sur de grandes touffes, et Geranium pratense, le géranium des prés, monte à 60 ou 80 cm avec des fleurs bleues très lumineuses.

Une seule floraison, mais spectaculaire.

Planter et entretenir sans se compliquer la vie

Deux périodes conviennent : l’automne, de septembre à novembre, quand le sol est encore tiède et les pluies reviennent, ou le printemps, une fois les gelées tardives passées. La plantation d’automne donne généralement une reprise plus vigoureuse, car les racines s’installent avant l’été suivant.

Le sol compte moins que l’on croit. La plupart des espèces tolèrent l’argile comme le sable, pourvu qu’il ne reste pas détrempé en hiver. Comptez entre 4 et 6 plants au mètre carré pour un massif couvrant, et espacez de 30 à 40 cm pour les variétés moyennes.

L’arrosage se limite à la première saison, une fois par semaine en période sèche. Ensuite, même les espèces de mi-ombre se contentent des pluies, sauf canicule prolongée.

Après la première vague de floraison, beaucoup de géraniums gagnent à être rabattus à 10 cm du sol. Les touffes de Geranium × magnificum ou de Geranium pratense, par exemple, repartent alors avec un feuillage neuf et parfois une seconde floraison à l’automne. La taille se fait aux cisailles, sans précaution particulière, en quelques minutes pour un massif entier.

Tous les trois à cinq ans, la touffe s’épuise au centre et se dégarnit. On la divise à l’automne ou au premier printemps : on déterre la souche, on la coupe en morceaux munis de racines et de bourgeons, et on replante. Un seul pied devient ainsi quatre ou cinq, gratuitement.

Les bonnes associations au jardin

Le géranium vivace est un bon second rôle. Il comble le pied des rosiers, où son feuillage cache les tiges dégarnies et limite l’évaporation du sol. Les roses pâles de Geranium endressii accompagnent bien les rosiers anciens, tandis que les bleus de ‘Rozanne’ contrastent avec les rosiers jaunes ou abricot.

En bordure d’allée ou de terrasse, les variétés basses comme Geranium sanguineum adoucissent les lignes dures du dallage et débordent joliment sur la pierre. Dans les rocailles, elles remplacent avantageusement des plantes plus fragiles.

Sous les arbustes et les haies, Geranium macrorrhizum sert de couvre-sol efficace et réduit nettement le désherbage. Associé à des hostas, des fougères ou des heuchères, il compose des massifs d’ombre qui tiennent du printemps à la fin de l’automne.

Les abeilles et les bourdons butinent volontiers les fleurs ouvertes, simples et accessibles, ce qui en fait un allié des jardins favorables aux pollinisateurs. Côté ennemis, peu de soucis : un peu d’oïdium en fin d’été par temps sec, et des taches foliaires sur les touffes âgées, que le rabattage et la division règlent le plus souvent.

Un détail pratique avant l’achat : les graines de nombreuses espèces sont projetées à plusieurs mètres par le fruit, d’où le nom de « bec-de-grue ». Si vous voulez éviter les semis spontanés, coupez les tiges fanées avant la maturation des capsules, ou choisissez un hybride stérile comme ‘Rozanne’.