Maladies des hortensias : identifier les champignons et les faux coupables

Une poudre blanche sous les feuilles, des taches brunes cerclées de violet, des fleurs qui moisissent sur pied : l’oïdium, les taches foliaires et la pourriture grise figurent parmi les ennemis les plus fréquents des hortensias français. Ces champignons s’installent entre juin et octobre, quand les nuits fraîches succèdent à des journées tièdes et humides. Les confondre avec un coup de soleil ou une carence conduit souvent à traiter la mauvaise cause.

Le diagnostic commence par la feuille, pas par le produit.

À retenir
  • L’oïdium forme un feutrage blanc sous les feuilles entre juin et octobre.
  • La chlorose ferrique jaunit les feuilles quand le sol est trop calcaire.
  • Le gel tardif peut supprimer la floraison des hortensias qui fleurissent sur le bois de l’année précédente.
  • Le soufre mouillable traite l’oïdium, à pulvériser hors des heures chaudes.

Trois champignons qui reviennent chaque saison

L’oïdium se repère à son feutrage blanc, qui apparaît souvent sous les feuilles avant de gagner la face supérieure. Contrairement à la plupart des champignons, il n’exige pas de feuillage mouillé : une humidité de l’air élevée, des journées douces et des nuits fraîches lui suffisent, soit un mois de septembre ordinaire. Les feuilles se gaufrent, jaunissent, puis tombent plus tôt que prévu. Le soufre mouillable reste la réponse la plus courante, à pulvériser en dehors des heures chaudes, car il brûle le feuillage au-delà de 28 °C environ.

Les taches foliaires, provoquées par des champignons comme Cercospora ou Septoria, forment des disques brunâtres de quelques millimètres, bordés d’un halo plus sombre, parfois violacé. Elles naissent sur les feuilles basses, éclaboussées par la pluie ou par le jet de l’arrosoir, puis remontent le long des tiges.

La pourriture grise (Botrytis cinerea) s’attaque aux fleurs fanées et aux jeunes pousses gorgées d’eau. Un duvet gris-brun recouvre les pétales, qui se liquéfient après un printemps pluvieux. Les têtes sèches gardées sur l’arbuste pendant l’hiver protègent les bourgeons du gel, mais elles peuvent aussi héberger des spores : on les coupe en février ou mars, juste au-dessus de la première paire de bourgeons sains.

Ces trois champignons tuent rarement un hortensia adulte.

Les faux coupables : calcaire, soleil, gel et insectes

Des feuilles jaune pâle aux nervures restées bien vertes signent une chlorose ferrique, pas une infection. L’hortensia réclame un sol acide, avec un pH de 5,5 à 6,5 environ, et le calcaire verrouille l’absorption du fer. Un arrosage au robinet en région d’eau dure suffit à la déclencher en quelques saisons.

La correction passe par l’eau de pluie récupérée, un paillage d’écorce de pin ou de feuilles de chêne et, en dépannage, un chélate de fer apporté au pied. Le sulfate de fer fonctionne aussi, à doses mesurées, car l’excès brûle les racines fines.

Les bords de feuilles qui brunissent et se racornissent après une canicule relèvent du coup de soleil, surtout sur les hortensias plantés plein sud sans ombre l’après-midi. Le gel tardif est l’autre faux coupable : Hydrangea macrophylla fleurit sur le bois de l’année précédente, et une nuit à -3 °C en avril, sur des bourgeons déjà gonflés, peut supprimer la floraison entière. Pour vérifier, on coupe une tige : une moelle brune trahit le gel, une moelle blanche indique un bois vivant. Les Hydrangea paniculata et arborescens, qui fleurissent sur le bois de l’année, échappent à ce risque.

Côté insectes, les acariens tétranyques, nombreux par temps chaud et sec, criblent le dessous des feuilles de points jaunes et tissent de fines toiles. Les otiorhynques (charançons de la vigne) grignotent les bords des feuilles en demi-lunes pendant la nuit, tandis que leurs larves rongent les racines des hortensias en pot.

Les cas où aucun traitement ne fonctionne

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