Une simple tuile récupérée sous un potiron : le geste paraît anodin, presque superstitieux. Pourtant il n’a rien à voir avec une quelconque accélération de la maturation. Le but est d’apporter une protection afin d’isoler les belles courges du sol avec une tuile, une ardoise ou une soucoupe en terre cuite, sans abimer le fruit. votre voisin ne cherche pas à faire mûrir ses potirons plus vite, il cherche à les sauver de la pourriture.
À retenir
- Pourquoi certains jardiniers placent-ils une tuile sous leurs courges à la fin de l’été ?
- Quel est le véritable ennemi des potirons en août et septembre ?
- Existe-t-il un risque caché à cette technique apparemment simple ?
Le vrai ennemi, c’est l’humidité du sol
Fin août, le potager change de visage. L’humidité et les pluies d’automne s’installent au potager dès la fin du mois d’août et les courges vont commencer à s’abimer et pourrir si vous ne faites rien. Le contact prolongé entre la peau du fruit et une terre gorgée d’eau crée un microclimat parfait pour les champignons responsables du pourrissement. Un potiron posé à même le sol, c’est un peu comme une éponge posée toute la nuit dans une flaque : elle finit par s’imbiber, quoi qu’on en pense.
Sur les sites spécialisés en jardinage, la même recommandation revient sans cesse. Quand les potirons pourrissent sur le sol, c’est souvent dû à l’humidité : il suffit de placer une tuile ou un paillage sous le fruit. Même son de cloche du côté des cultivateurs de potimarrons, où l’on conseille d’agir dès l’apparition du jeune fruit : dès qu’un petit fruit pointe le bout de son nez, on met une tuile en dessous pour éviter le contact direct avec la terre, sinon la pourriture risquerait de faire son apparition.
Ce réflexe n’est pas propre aux amateurs isolés. Les fiches techniques de référence en matière de culture des cucurbitacées le confirment noir sur blanc : avant la récolte, si les pluies sont fréquentes, on place une tuile ou une planche sous les fruits, pour éviter qu’ils ne s’abîment. Et côté potimarrons, la logique est identique, avec cette fois une précision sur le Calendrier : avant la récolte, si les pluies sont fréquentes, on place une tuile ou une planche sous les potimarrons, afin d’éviter qu’ils s’abîment.
Comment procéder sans abîmer le fruit
La technique demande un minimum de délicatesse. On ne balance pas une tuile sous une courge comme on glisse un dessous-de-plat sous une casserole brûlante. Il faut soulever doucement le fruit pour glisser le support en dessous, sans forcer sur la tige ni tordre le pédoncule, qui reste le point de fragilité numéro un de la plante. Une tuile en terre cuite, une ardoise récupérée, ou même une simple soucoupe de pot de fleurs font parfaitement l’affaire : l’essentiel est que le matériau soit rigide, stable et légèrement surélevé par rapport au sol humide environnant.
Un point mérite d’être précisé, car certains jardiniers l’ignorent : ce geste ne fonctionne que si l’air circule sous le fruit. Un potiron posé sur une tuile mais complètement enfoui dans un paillage épais et détrempé n’en tirera aucun bénéfice. L’idée, c’est de créer une rupture de contact avec la terre, pas d’ajouter une nouvelle couche humide. D’ailleurs, l’expérience de terrain montre que la méthode n’est pas infaillible à 100 %. Un jardinier raconte ainsi avoir observé l’effet inverse dans certaines conditions : il a remarqué que lorsqu’il posait les potimarrons nouvellement formés sur des tuiles renversées pour qu’ils ne touchent pas la terre, ils avaient tendance à pourrir. Une nuance importante : cette technique protège surtout les fruits déjà bien formés et proches de la maturité, pas les tout jeunes fruits encore fragiles, plus sensibles au pourrissement floral qu’au contact du sol.
Un geste à surveiller, pas à oublier une fois posé
Autre détail que peu de jardiniers anticipent : la tuile devient vite un abri de choix pour les indésirables. Il faut surveiller régulièrement ses courges car les limaces vont tenter de loger sous ces supports et risquent de s’attaquer aux fruits. Le paradoxe est savoureux : on installe une protection contre la pourriture, et on lui crée en même temps un petit hôtel pour gastéropodes. La solution est simple, il suffit d’inspecter le dessous de la tuile une à deux fois par semaine et de déloger les squatteurs avant qu’ils ne s’attaquent à la chair du fruit.
La pourriture des cucurbitacées n’est d’ailleurs pas un phénomène anodin ni récent. Les instituts de recherche agronomique documentent depuis longtemps ce type d’attaque fongique sur les courges et citrouilles. Selon une fiche de l’INRAE consacrée aux méthodes de protection des courgettes et courges, à la récolte, les fruits doivent être manipulés avec soin afin d’éviter les blessures, puis entreposés à basses températures pour réduire le développement de la pourriture noire sans affecter leur conservation. La tuile posée en août n’est donc que la première étape d’une chaîne de précautions qui se poursuit jusqu’au stockage hivernal.
Un dernier point, souvent négligé : la pourriture ne vient pas toujours du sol. Certains jardiniers pointent un autre coupable, la fleur fanée restée accrochée au jeune fruit, qui pourrit en premier et contamine ensuite toute la chair. Un jardinier amateur le résume ainsi sur un forum spécialisé : souvent, c’est le pourrissement de la fleur qui entraîne le pourrissement du fruit, d’où l’intérêt d’arracher la fleur fanée dès qu’elle commence à faner. la tuile sous le potiron n’est qu’une ligne de défense parmi d’autres. Elle traite le problème qui vient du bas, pas celui qui peut venir d’en haut, à l’endroit précis où la fleur s’accroche encore au fruit naissant.
Sources : jardins-du-nord.fr | soonnight.com