Un paillis de bois étalé sur 5 à 8 cm étouffe les adventices, retient l’humidité du sol et le nourrit en se décomposant. Il coûte peu, voire rien si l’on sait où le chercher. Les jardiniers qui l’adoptent arrosent souvent beaucoup moins dès la deuxième saison.
Un sac d’écorce de jardinerie et un camion de broyat d’élagage ne font pourtant pas le même travail.
- Un paillis de 5 à 8 cm d’épaisseur élimine les adventices et réduit l’arrosage de moitié dès la deuxième saison.
- Les écorces de pin conviennent aux parterres d’ornement, le BRF nourrit le potager, le broyat d’élagage économise sur les allées.
- L’automne et le printemps sont les meilleures périodes d’application, avec un renouvellement tous les un à deux ans.
Écorces, BRF, plaquettes : quelle matière pour quel usage
Les écorces de pin sont les plus vendues en sacs. Issues de résineux, elles se décomposent lentement, ce qui leur donne une durée de vie de plusieurs années en massif. Elles acidifient légèrement le sol, un atout pour les rhododendrons, les hortensias et les bruyères. Leur teinte régulière convient bien aux parterres d’ornement.
Le BRF, ou bois raméal fragmenté, est un autre monde. Il s’agit de rameaux de feuillus de moins de 7 cm de diamètre, broyés avec leurs feuilles et leur écorce, une technique étudiée au Québec dans les années 1970 par Gilles Lemieux, à l’université Laval. Ces jeunes branches contiennent bien plus d’éléments nutritifs que le bois de tronc, et elles nourrissent les champignons du sol, qui fabriquent de l’humus. Potager, haies et pieds d’arbres fruitiers en profitent le plus.
Entre les deux, les plaquettes et le broyat d’élagage forment un mélange de branches variées, plus grossier, moins joli, mais très économique. Beaucoup d’élagueurs en déposent gratuitement chez les particuliers pour éviter les frais de déchetterie. Pour couvrir des allées ou une grande haie, c’est la solution la plus rentable.
Seule règle commune : jamais de bois traité, peint ou issu de palettes autoclaves.
Épaisseur, période, distances : réussir la pose
Le geste tient en trois temps : désherber, arroser le sol à fond, puis étaler 5 à 8 cm de matière. Sous 5 cm, les adventices percent encore ; au-delà de 10 cm, la pluie traverse mal. les meilleures périodes sont l’automne et le printemps, quand le sol est humide et déjà réchauffé. Autour des troncs et des tiges, un dégagement de 10 cm évite la pourriture du collet.
La décomposition du bois consomme de l’azote. Tant que le paillis reste en surface, la « faim d’azote » se limite à la frontière avec le sol, mais un broyat frais enfoui à la bêche peut affamer les cultures voisines.
Pour semer des carottes ou des radis, mieux vaut écarter le paillis et semer dans la terre nue. On remet la couverture une fois les plants levés.
Le tassement fait fondre la couche d’environ 2 à 3 cm par an. Un complément tous les un à deux ans suffit à maintenir l’épaisseur utile. En dessous, les vers de terre et les champignons travaillent : un BRF de feuillus s’est largement transformé en terreau au bout de deux à trois ans.
Les cas où le paillis de bois n’est pas le bon choix
Près de la maison, la prudence s’impose. Dans les communes classées en zone à termites par arrêté préfectoral, il vaut mieux garder une bande minérale de gravier le long des façades. Et dans les secteurs soumis aux obligations légales de débroussaillement, un paillis de bois contre le mur alimente le risque d’incendie.
Les limaces, elles, adorent l’humidité que ce paillis conserve.
Le broyat de noyer mérite aussi la méfiance : feuilles, écorces et racines contiennent de la juglone, une substance qui gêne les tomates et d’autres plantes sensibles. On le réserve aux allées.
Pour estimer la quantité à commander, un mètre cube couvre environ 20 m² sur 5 cm d’épaisseur, et un peu plus de 12 m² sur 8 cm. Une terrasse de plantations de 30 m² demande donc entre 1,5 et 2,5 m³ selon l’épaisseur choisie.