Copeaux de bois au jardin : usages, pièges et bonnes pratiques

Les copeaux de bois étalés sur le sol retiennent l’humidité, freinent les mauvaises herbes et nourrissent la terre en se décomposant, le tout pour un coût souvent nul. Une couche de 5 à 10 cm suffit à transformer un massif ou une allée. C’est l’un des rares aménagements de jardin qui s’améliore avec le temps plutôt que de s’user.

Sous 5 cm de copeaux, la plupart des graines d’adventices ne lèvent pas, faute de lumière.

À retenir
  • Une couche de 5 à 10 cm de copeaux limite fortement la levée des mauvaises herbes.
  • Le bois traité, les palettes et les rameaux malades sont à écarter du jardin.
  • Le bois frais peut prélever de l’azote dans la terre, il reste donc en surface.

Copeaux, broyat, BRF : de quoi parle-t-on ?

Le mot recouvre trois produits distincts. Les copeaux proprement dits sont des éclats de bois réguliers, souvent issus de scieries et vendus en sacs calibrés. Le broyat sort d’un broyeur de branches, avec des fragments plus irréguliers et plus ou moins de feuilles. Le BRF, ou bois raméal fragmenté, désigne du broyat de jeunes rameaux feuillus de moins de 7 cm de diamètre, une technique étudiée au Québec dès les années 1970 à l’université Laval.

Le choix dépend de l’usage. Les feuillus (chêne, hêtre, noisetier, frêne) se décomposent assez vite et conviennent aux massifs, aux haies et au potager, alors que les résineux (pin, douglas, épicéa) tiennent plus longtemps, ce qui les destine plutôt aux allées.

Écartez le bois traité, sans exception.

Palettes, bois d’autoclave, panneaux collés ou peints peuvent libérer des sels de cuivre, des colles ou des solvants que vos plantes n’ont aucune raison d’absorber. Même vigilance pour les rameaux d’arbres malades, à porter plutôt en déchetterie. Quant au noyer, ses feuilles et ses racines produisent de la juglone, une substance qui gêne la croissance des tomates et de plusieurs autres cultures.

Poser sans abîmer ses plantations

Comptez 5 cm autour des vivaces et jusqu’à 10 cm sous les arbustes, sur un sol désherbé et arrosé avant d’étaler. Un mètre cube couvre 10 m² sur 10 cm d’épaisseur, 20 m² sur 5 cm.

Le piège classique porte un nom : la faim d’azote. Pour dégrader un bois très riche en carbone, les micro-organismes puisent de l’azote dans leur environnement immédiat, ce qui peut priver temporairement les racines voisines. Posé en surface, le phénomène reste limité aux premiers centimètres de contact. Enfoui dans la terre, en revanche, le bois frais appauvrit la zone racinaire, d’où la règle de ne jamais mélanger les copeaux au sol de semis, et de remplacer le paillis par un peu de compost sur les rangs de carottes ou de radis.

Gardez 10 cm de dégagement autour des troncs.

Un paillis humide collé à l’écorce la fait pourrir et abrite les campagnols, qui rongent les jeunes troncs. Le même raisonnement vaut pour la façade de la maison, dont on tient les copeaux à 30 ou 50 cm.

Allées, aires de jeux et approvisionnement

Pour une allée, étalez 10 cm de copeaux sur un lit de carton brut ou un géotextile perméable. Le piétinement tasse la couche et la décomposition en ronge un à deux centimètres par an. Un rechargement de 2 à 3 cm chaque printemps suffit à conserver un cheminement propre, sans désherbage à la main.

Sous une balançoire ou un portique, c’est une autre affaire. La norme EN 1177 encadre les sols amortissants, et les tableaux de référence pour des copeaux de bois tournent autour de 30 cm d’épaisseur pour une hauteur de chute de 3 m, bien loin des 5 cm d’un massif.

Pour s’approvisionner, trois pistes dominent : les élagueurs, qui broient leurs chantiers et livrent parfois gratuitement, les déchetteries de certaines communes qui distribuent du broyat, et les scieries locales. Précisez que vous souhaitez du bois non traité, de préférence mélangé en essences et en âges de rameaux. Une livraison représente souvent plusieurs mètres cubes d’un seul coup, de quoi couvrir un jardin entier.

Un tas de copeaux frais peut atteindre 60 °C en son cœur.

La fermentation explique cette chaleur, et c’est pourquoi on étale la livraison dans les jours qui suivent plutôt que de la laisser monter contre un mur ou une clôture. Sous les climats secs du Sud, les copeaux très desséchés brûlent facilement, une raison de plus de les tenir loin des habitations dans les zones soumises aux obligations de débroussaillement.

Les limaces, elles, apprécient la fraîcheur d’un paillis épais. Autour des salades et des jeunes semis, 2 à 3 cm de copeaux suffisent à garder le sol humide sans leur offrir un abri.

Laisser un commentaire