Cinq à sept centimètres de copeaux de bois sur un sol nu suffisent à diviser par deux, voire davantage, la pousse des herbes indésirables. C’est l’épaisseur que recommandent la plupart des jardiniers expérimentés pour un massif ou un pied d’arbre, et c’est aussi la raison pour laquelle le paillage au copeau a quitté les jardins de passionnés pour s’installer chez Monsieur Tout-le-monde.
- Une couche de 5 à 7 cm de copeaux réduit fortement la pousse des herbes indésirables.
- Le paillis espace les arrosages en été, parfois de moitié sur un massif bien installé.
- Le bois se décompose lentement et tient deux à trois ans selon l’essence et le climat.
- La faim d’azote ne touche que la fine frange de contact entre paillis et terre.
Ce que le copeau fait vraiment à votre sol
Le premier effet se mesure à l’arrosoir. Une couche de copeaux freine l’évaporation, ce qui permet d’espacer les arrosages en été, parfois de moitié sur un massif d’arbustes bien installé.
Le deuxième tient à la température. Le sol paillé reste plus frais lors des canicules et moins exposé au gel pendant les nuits de janvier, ce qui protège les racines superficielles des vivaces et des petits fruitiers comme les framboisiers.
Le troisième se joue sous terre. En se décomposant lentement, le bois nourrit les champignons et les vers de terre, qui fabriquent de l’humus et aèrent la terre. Un jardin paillé depuis trois ou quatre ans présente souvent une structure grumeleuse que la bêche révèle immédiatement.
Le bois, lui, ne se dégrade pas en un été.
Cette lenteur est un atout : là où une tonte de gazon disparaît en quelques semaines, le copeau grossier tient deux à trois ans selon l’essence et le climat, ce qui limite le nombre de rechargements.
La fameuse « faim d’azote » : mythe ou réalité ?
C’est l’argument qui revient chez les sceptiques. Les micro-organismes qui décomposent le bois consomment de l’azote, et on les accuse d’en priver les plantes. Le phénomène existe, mais il se limite à la fine frange de contact entre le paillis et la terre, pas aux racines situées plus bas.
Tant que les copeaux restent posés en surface, sans être enfouis, le risque reste faible pour les arbres, les arbustes et les vivaces installées. Le problème apparaît si l’on mélange les copeaux à la terre d’un potager ou si l’on paille des semis tout juste levés, dont les racines sont trop courtes pour aller chercher l’azote en profondeur.
Pour les légumes gourmands (tomates, courges, poireaux), mieux vaut attendre que les plants soient bien développés, puis étaler une couche plus mince de 3 à 4 cm. Une poignée de corne broyée ou de fumier bien décomposé déposée sous le paillis compense largement le prélèvement des micro-organismes.
Autre précaution : le bois frais de résineux (pin, épicéa) est plus acide et riche en résines. Il convient très bien aux allées et aux massifs de bruyères, d’hortensias ou de rhododendrons, mais gagne à être vieilli quelques mois avant d’aller sous des plantes sensibles.
Bien choisir, bien poser
La taille des copeaux change tout. Les plaquettes grossières, issues du broyage de branches, durent plus longtemps et laissent mieux circuler l’air, tandis que les copeaux fins, proches de la sciure, se tassent, forment parfois une croûte et se décomposent beaucoup plus vite.
Côté provenance, la solution la plus économique reste le broyat de déchets verts : de nombreuses déchetteries et collectivités en distribuent gratuitement ou à bas prix, et les élagueurs de quartier cherchent souvent à s’en débarrasser. Attention toutefois aux branches malades, aux thuyas ou aux lauriers-cerises, qu’il vaut mieux composter plusieurs mois avant usage. Le bois traité ou peint, lui, doit rester à l’écart du jardin.
La pose suit un protocole simple. Désherbez, arrosez copieusement si le sol est sec, puis étalez 5 à 7 cm de copeaux en laissant 10 cm de vide autour des troncs et des tiges pour éviter la pourriture du collet. Sur un terrain envahi de chiendent ou de liseron, glissez d’abord un carton brun sans encre ni adhésif, qui étouffera les racines pendant que le paillis fait son travail.
Le moment idéal s’étend du printemps, une fois le sol réchauffé, jusqu’à l’automne.
Allées, pieds d’arbres, massifs : trois usages, trois épaisseurs
Dans une allée, on grimpe à 8 ou 10 cm, car le passage tasse le matériau. Sur un massif, 5 à 7 cm suffisent. Au pied d’un arbre fruitier, comptez 7 cm sur un cercle qui dépasse un peu la projection du feuillage, là où se concentrent les racines nourricières.
Chaque année, un complément de 2 à 3 cm maintient l’efficacité du paillage. Un simple coup de râteau en début de saison aère la couche et la rend à nouveau perméable à l’eau de pluie.
Les limites à connaître avant de commander la benne
Le copeau n’est pas adapté aux pentes fortes : un orage violent peut l’emporter vers le bas du terrain, et les copeaux fins flottent. Dans ce cas, mieux vaut des plaquettes grossières ou des fibres plus enchevêtrées comme l’écorce de pin.
Il faut aussi composer avec les limaces, qui apprécient l’humidité entretenue sous le paillis. Les massifs de hostas et de jeunes salades demandent donc une surveillance plus serrée, avec des pièges à bière ou des barrières de cendre sèche renouvelées après la pluie.
Enfin, côté sécurité, évitez une épaisse couche de copeaux contre les murs de la maison ou le bardage bois : l’humidité retenue favorise les insectes xylophages, et les copeaux secs sont inflammables. Les services de pompiers déconseillent d’ailleurs le paillage organique à moins de quelques dizaines de centimètres des façades dans les régions exposées aux feux de végétation.
Pour un jardin de 100 m² de massifs, une épaisseur de 6 cm représente environ 6 m³ de matière, soit l’équivalent d’une petite remorque et demie. C’est le volume à prévoir si vous souhaitez couvrir l’ensemble d’un coup, quitte à le répartir sur deux saisons.