Un filet bien tendu protège les cerisiers, les framboisiers et les semis contre les oiseaux, à condition de respecter une maille de 15 à 20 mm maximum et de le fixer sans le laisser traîner au sol. Mal posé, il devient un piège. Chaque année, les centres de soins de la faune sauvage recueillent des merles, des mésanges et des hérissons étranglés dans des mailles trop larges ou trop lâches.
- Une maille de 15 à 20 mm empêche la tête d’un oiseau de passer.
- Le filet doit rester à 30 ou 40 cm des plantes et être tendu sans poches.
- Un filet en nylon monofilament est quasi invisible et déconseillé par la LPO.
Choisir la bonne maille, c’est déjà éviter le drame
La règle tient en un chiffre : plus la maille est large, plus le risque d’emprisonnement grandit. Un oiseau passe la tête dans une ouverture de 3 ou 4 cm, se débat, et les fils se resserrent autour du cou ou des pattes. Les filets à mailles fines, de 15 à 20 mm environ, empêchent la tête de passer.
Le matériau compte aussi. Les filets en polyéthylène tressé ou tricoté, rigides et visibles, sont moins dangereux que les filets de nylon monofilament, quasi invisibles et fins comme du fil de pêche. Ces derniers coupent plus qu’ils ne retiennent, et la LPO déconseille ce type de produit dans les jardins.
Couleur et tension, enfin. Un filet clair ou contrasté se repère mieux, surtout à l’aube, quand les oiseaux filent à vitesse pleine entre les branches.
Poser le filet sans en faire un piège
Le principe de base : le filet ne doit jamais toucher le feuillage ni les fruits. Un oiseau perché sur une branche en contact avec la maille picore à travers, et c’est tout l’intérêt de la protection qui s’évapore. Une structure légère en tuteurs de bambou ou en arceaux de jardin, qui maintient le filet à 30 ou 40 cm des plantes, règle le problème.
Sur un arbre fruitier, la tâche se complique. Mieux vaut un cerisier palissé ou conduit en forme basse, que l’on enveloppe entièrement, qu’un grand sujet de 6 mètres que l’on tente de coiffer depuis une échelle. Pour un grand arbre, la pose reste risquée, et ne protège souvent qu’une partie de la ramure.
Le bas du filet doit être fermé. Fixé au sol avec des piquets, enterré sur quelques centimètres ou ficelé au tronc, il évite que les oiseaux s’engouffrent par en dessous et ne trouvent plus la sortie.
Tendre, toujours.
Un filet qui pend en poches ou en plis forme précisément ces boucles dans lesquelles pattes et ailes se prennent. On l’étire à la main jusqu’à ce qu’il rende un son sec au toucher, puis on le fixe avec des pinces ou des clips plutôt qu’avec des nœuds serrés, plus faciles à retirer en fin de saison.
Quand poser, quand retirer, quoi surveiller
Le calendrier suit les fruits. Pour les cerises, la pose se fait quand elles commencent à virer au rouge, vers la fin de mai ou en juin selon les régions, et le filet s’enlève juste après la cueillette. Les framboises et les myrtilles suivent un rythme similaire, de juin à août. Garder un filet en place tout l’hiver sur un arbre dépouillé n’a aucun sens : il abîme les branches et piège les oiseaux en quête d’insectes dans l’écorce.
Une inspection quotidienne, même brève, s’impose les premiers jours. Si un oiseau est pris, on le saisit délicatement, on le recouvre d’un linge pour le calmer, et on découpe les mailles aux ciseaux plutôt que de tirer dessus. Un animal blessé ou épuisé se confie à un centre de soins, dont la liste est disponible auprès de l’Office français de la biodiversité.
La loi complique parfois le tableau. En France, la plupart des oiseaux sauvages sont protégés par l’arrêté du 29 octobre 2009 : les capturer volontairement, même par maladresse, expose à des sanctions. Un filet dont le but est de protéger les cultures reste autorisé, mais ne doit pas servir à capturer.
Les alternatives qui réduisent le recours au filet
Le voile de forçage, ce tissu non tissé blanc utilisé pour protéger les semis du gel, empêche physiquement les oiseaux d’accéder aux jeunes pousses sans aucun risque d’enchevêtrement. Il convient bien aux carrés potagers, moins aux arbres, car il retient l’humidité et limite l’aération des fruits mûrs.
Les effaroucheurs offrent une défense partielle : bandes réfléchissantes, CD suspendus, silhouettes de rapaces. Leur efficacité s’érode en quelques jours, car les oiseaux s’habituent vite à ce qui ne bouge pas ou ne représente aucun danger réel. Les déplacer tous les deux ou trois jours prolonge un peu leur effet.
Planter un sacrifice peut aussi payer. Un sureau, un cornouiller ou un aubépine installés en bordure du jardin offrent aux merles et aux grives un buffet de remplacement, tandis que les fruits du verger restent mieux préservés. Ces haies d’essences locales abritent en prime les mésanges, qui limitent les chenilles et les pucerons au printemps.
Une dernière précision pour les propriétaires de bassins ou de piscines : un filet tendu au-dessus de l’eau doit être assez serré pour supporter le poids d’un chat, et assez haut pour ne jamais toucher la surface, sans quoi les oiseaux qui viennent boire s’y noient.